Notre société est passée, en 40 ans, d’un monde paternaliste à la forte autorité et aux codes rigides à une société réactionnaire où l’individu est roi et les codes fermement balayés
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Nous devons trouver un équilibre afin de maintenir une cohésion sociale, pilier de la démocratie et du « vivre ensemble » apaisé et accepté par tous.
Aux relations sociales dominées puis libertaires et contestataires qui ont pour conséquence « en miroir » une radicalisation du pouvoir vers le sécuritaire et la centralisation et une évolution sociétale communautaire, il faut opposer la pédagogie dans les relations humaines.
Nous vivons encore, en France, dans une culture de binarité, que se soit en privé, dans le monde professionnel et, souvent encore en mode plus exacerbé, dans le monde politique : « si tu n’es pas d’accord, tu m’agresses et deviens mon ennemi ». Pire, mêlé d’émotionnel : « si tu n’es pas d’accord, tu ne m’aimes plus, tu ne me respectes plus ». Sentiment d’identité en danger : « Si tu n’es pas d’accord, tu remets en question mon autorité et conteste mes compétences ». Sentiment hiérarchique : « Si tu n’es pas d’accord, tu me juges et tu n’as pas le droit ! ». Sentiment de possession : « si tu n’es pas d’accord, tu me trahis ». Sentiment d’étrangeté : « Si tu n’es pas d’accord, tu fonctionnes différemment et je te rejette ».
Or, rien de tout cela n’est vrai. Il ne s’agit que d’une culture héritée, que d’une d’interprétation personnelle, que de l’image que l’on a de soi et des émotions que nous avons ! Les autres, fonctionnant de la même façon, le malentendu règne et le conflit est permanent et sans issue.
Si nous prenons mal les propos de quelqu’un, posons-nous la question : « pourquoi ? ». Est-ce que je me sens coupable, agressé, en état de faiblesse, d’échec, ce qu’il dit résonne en moi comme vrai ?
Si je me sentais bien dans ma tête, l’aurais-je aussi mal pris ?
Pour me défendre, faible dans ma confiance en moi, je l’agresse en retour, je le rejette, en fait un bouc émissaire, je refuse de débattre, j’en rajoute une couche parce que… je pense que j’ai tort ?
Je pense qu’il ne m’aime plus, qu’il remet mes compétences et mon autorité en question…qu’il me juge ? Je ne peux pas supporter quelqu’un qui fonctionne différemment, je ne cherche que des clones ? Je ne peux pas partager mon pouvoir, j’ai peur de le perdre ? Je ne m’autorise pas l’erreur, je DOIS toujours avoir raison ? Je suis OBLIGE d’être parfait ? Est-ce possible… ? J’ai BESOIN qu’on m’aime, qu’on m’adule ? Pour panser mes blessures… ? Avoir un désaccord signifie-t-il qu’on n’aime plus… ? Si je m’aimais, moi, suffisamment, aurais-je tant besoin d’être aimé par tout le monde ? Je ne me sens bien que SEUL ? Les autres me dérangent… ? Alors, suis-je au bon endroit ?

Et si, j’écoutais ce qu’il me dit, si j’échangeais, si j’avais suffisamment confiance en moi pour me remettre en question, si je pensais que je ne suis par parfait, que c’est « normal », que j’ai DROIT à l’erreur et que je doive toujours m’améliorer, si je pensais qu’il m’apporte une richesse plutôt qu’une agression, si je séparais les émotions du rationnel, le besoin de réparation du réel, si je ne mettais pas du jugement partout, si j’étais persuadé qu’on pense mieux à plusieurs et qu’une équipe fonctionne mieux dans la confiance et l’utilisation maximale de chaque compétence, si j’étais sur que l’intérêt est d’utiliser ces compétences mais qu’il m’appartient de faire l’arbitrage final ? Si je ne plaçais mon autorité, mon identité et ma liberté que là ?
Si j’élargissais ma vie, mes objectifs au-delà de ma sphère personnelle et de la peur du jugement de l’autre, la peur de perdre mon pouvoir, privilégiant le meilleur processus pour atteindre un objectif, soit personnel, soit commun.
Si j’étais sur de ma liberté et de mon indépendance ? Mes dépendances viennent plus de moi que des autres…
Si pour moi l’échec, l’erreur, était l’occasion d’en tirer les leçons et de progresser ?
Si je ne raisonnais plus en pouvoir acquis à conserver mais en pouvoir gagné par mes compétences, mon travail, mon leadership, mes qualités relationnelles ? Si je raisonnais en processus ? Si mon but n’était pas moi (puis-je réaliser quelque chose seul ?) et la réparation de mes blessures, mon ego, mais la réussite d’un projet, la réussite d’un groupe ?
Si je décidais d’apprécier et de ne plus craindre ? De m’ouvrir plutôt que de me murer dans ma forteresse ?

La vie, les relations humaines ne sont pas « noir et blanc », il n’y a pas les « bons » toujours d’accord avec moi, et les « mauvais » qui s’opposent. C’est un peu plus riche !! Si j’ai le droit d’exister, d’être moi, pourquoi le refuser à l’autre ? N’a-t-il rien à m’apporter…Sa différence me met-elle en danger ?
Et si j’ai des souffrances, n’en a-t-il pas aussi ? Qui n’en a pas…
Si mes souffrances sont graves et invalidantes dois-je les faire porter aux autres, me venger sur eux (qui ni sont pour rien) ou dois-je me faire aider ?
Ceux avec lequel, il n’y a décidément aucune accroche, je ne les jugerais pas, je ne les haïrais pas ni ne les mépriserais, je les éviterais..et si la vie m’oblige à les cotoyer, je trouverais un modus vivendi, c’est toujours possible par un respect mutuel !
D’une identité egocentrée, craintive et conflictuelle donc autoritaire, je serais passé à une identité plus forte excentrée et sereine.
Ma vie (et celles des autres) serait beaucoup plus simple !